L’hypospadias, ou hypospade, est une malformation fréquente de l’urètre distal et de la verge dont la fréquence semble avoir augmenté ces dernières années. Elle ne touche bien sur que le garçon. Elle peut être familiale.
Le méat urétral (orifice) au lieu de s’aboucher à la partie distale de la verge, au bout du gland, s’abouche ventralement sous la verge, à un niveau plus ou moins proximal.
On peut ainsi distinguer plusieurs formes anatomiques d’hypospadias dont la gravité va croissante :
- L’hypospadias balanique dont l’orifice est à la partie inférieure du gland, la forme la plus bénigne et la plus fréquente.
- L’hypospadias balano-préputial le méat siégeant au niveau du sillon balano-prépucial.


- Hypospade du sillon balano-préputial
- Le prépuce manque sur la face ventrale de la verge.
- L’hypospadias pénien antérieur, moyen ou postérieur avec un méat de siège pénien.
- L’hypospadias péno-scrotal siégeant à la jonction de la verge et du scrotum ou sur le scrotum lui-même.
- Et enfin l’exceptionnel hypospadias périnéal avec un méat de siège périnéal, la forme la plus grave.

A noter que l’emplacement théorique du méat (orifice), là où il devrait se situer au bout du gland, est toujours marqué par une fossette méatique plus ou moins profonde qui donne souvent l’impression de l’existence de deux méats.
En fait seul le méat proximal hypospadias, est fonctionnel, le méat distal n’est qu’une fossette borgne.
Les duplications urétrales avec deux méats fonctionnels sont certes possibles mais vraiment exceptionnelles.
L’hypospadias est une malformation régionale et il s’y associe très fréquemment d’autres anomalies locales :
- Une sténose (rétrecissement) du méat hypospade.
- Une coudure de la verge, surtout dans les hypospadias proximaux et qui donnent la fausse impression que l’hypospade est moins important qu’il n’est en réalité.
- Une palmure à la racine de la verge peut exister.
- Enfin le prépuce manque pratiquement toujours à la face ventrale de la verge (déficit cutané ventral), le prépuce dorsale étant lui souvent épais, plus ou moins bossu avec deux sortes de cornes latérales (prépuce dit en "tablier").

Dans les formes distales d’hypospadias, les plus fréquentes et les plus bénignes, il s’agit d’une malformation isolée et il est donc inutile de faire systématiquement un bilan radiologique. De même dans ces formes distales, dans la mesure où les testicules sont bien en place, un caryotype est inutile.
Par contre dans les formes proximales d’hypospadias, les plus graves, surtout s’il existe une ectopie testiculaire associée, il faut penser à une possible ambiguïté sexuelle et faire un bilan radiologique et un caryotype.
Enfin il existe des formes mineures d’hypospadias où le méat urétral est en place mais où il existe les anomalies cutanées, avec le déficit cutané ventral et le prépuce en tablier.
Le traitement des hypospadias n’est que chirurgical et ne doit être entrepris que par un chirurgien bien habitué à ce type de chirurgie très particulière. Les interventions possibles sont très nombreuses témoin qu’aucune n’est parfaitement satisfaisante. On essaye de tout corriger en une seule intervention, mais des petites retouches sont souvent nécessaires ultérieurement.
Le but du traitement est d’obtenir un méat distal, d’aspect aussi proche que possible de la normale, en fente, sur une verge rectiligne et de longueur suffisante, avec des mictions s’effectuant sans gêne et sans fuite d’urine par une fistule.
L’âge de l’intervention est variable selon les chirurgiens. Pour la majorité des équipes l’âge idéal se situe entre 12 et 18 mois.
Il existe de très nombreuses techniques chirurgicales, en fonction de l’importance de l’hypospadias et de l’habitude du chirurgien ainsi que certains effets de modes. Il n’y a pas de technique parfaite dans le sens où quelle que soit l’habilité du chirurgien il y a toujours un risque de complication, dans la grande majorité des cas bénignes (fistule, lachage distal). Cependant plus le chirurgien est expérimenté plus le risque diminue.
Les techniques les plus couramment utilisées sont :
la Balanoplastie (ou MAGPI) dans les formes balaniques

La technique de Matthieu ou la technique de Duplay dans les formes peniennes antérieures ou moyennes

La technique de Duckett ou Onlay dans les formes moyennes ou postérieures

Les greffes de muqueuse (vésicale ou buccale) dans les formes péno-scrotales.
L’hospitalisation va de la chirurgie ambulatoire (balanoplastie) à des hospitalisations de 2 voire 3 semaines (greffes de muqueuse).
Les suites de cette chirurgie vont être extrémement variables selon l’importance de l’hypospadias et la technique employée.
L’aspect de la verge reste habituellement "disgracieux" avec rougeur et oedeme pendant plusieurs semaines à plusieurs mois.
Les soins à domicile sont nécessaires en général pendant une quinzaine de jours avec assez souvent une verge sensible voire douloureuse.
Les mictions sont souvent pendant quelques jours sensibles.
FORUM
Posté le 2 avril
est-ce que l’hypospadias peut se retrouver dans un syndrome malformatif comme le Pierre Robin ou STickler ?
Posté le 2 avril par Administrateur
L’hypospadias ne fait pas partie des malformations classiques retrouvées dans ces syndromes.
Cependant, comme pour toute malformation, il y a toujours un risque plus important d’avoir une malformation associée comme un hypospadias.
Posté le 6 mai par angélique
Mon fils vient d’être opéré pour hypospade postérieur.
Quelles sont les conséquences aussi bien ésthetiques que fonctionnelles eventuellement lorsqu’il sera adulte ?
Posté le 6 mai par Administrateur
C’est difficile de vous répondre précisement car cela va dépendre de la forme exacte de l’hypospadias et de la technique employée.
Dans la grande majorité des cas l’aspect "esthétique" de la verge est satisfaisant et sur le plan fonctionnel on ne note pas de trouble particulier tant sur le plan urinaire que sexuel.
Un suivi pendant la croissance s’impose bien entendu et il convient d’être vigilant au moment de l’adolescence et ne pas hésiter à revoir le chirurgien pour bien expliquer à votre enfant ce qu’il a eu et ce qui a été fait.
Posté le 20 juin par BIBIZSAOUD
bonjour,
mon fils souffre d’une anomalie du développement sexuel appelé dysgénésie gonadique mixte,son caryotype est 46 XY/45X0.Il possède à droite un testicule normal et à gauche une gonade indifférencié anormale qui a été retiré,il béneficiera dans un mois d’une chirurgie de l’hypospadias(de type pénoscrotal),pouvez -vous m’informer sur les conditions de déroulement de l’opération ainsi que les chanses de réussite ?je suis vraiment débordé,et je sais pas quoi faire.
Posté le 21 juin par Administrateur
bonjour,
il est trés difficile de répondre à votre question car il nous manque beaucoup d’éléments.
il nous faudrait l’âge de l’enfant, l’intervention prévue, interventions précédentes, traitements déjà entrepris,...
vous pouvez envoyer ces réponses par mail au webmaster et nous essayeronsde vous répondre plus précisement
cordialement
Posté le 10 juillet par aurélie
Bonjour,pouvez vous me dire quels sont les risques en post opératoires immédiats puis apres quelques temps ?
Je voulais aussi savoir pourquoi on met une sonde a demeure apres l’opération ??
Merci d’avance
Posté le 10 juillet par Administrateur
Bonjour,
Comme vous l’avez vu sur l’article les risques vont être fonction de l’importance de l’hypospadias et en conséquence des techniques employées.
Dans les formes simples (la majorité) les risques sont trés faibles.
Dés lors qu’il faut refaire une partie de l’urètre (urétroplastie) le principale risque est la survenue d’une fistule (fuite d’urine) qui imposera une petite reintervention 1 an aprés.
Il y a des risques moins fréquent de lachage (démontage) le plus souvent partiel qui peuvent la ausi imposer une deuxième intervention secondairement.
Ces complications peuvent intervenir même avec à un opérateur expérimenté et même si tout c’est bien passé.
C’est pour ces raisons que le plus souvent on laisse une sonde urinaire aprés l’intervention dés lors qu’une urétroplastie a été réalisée afin de protéger les sutures et de diminuer le risque de complication.
Enfin ceci explique pourquoi il faut impérativement s’adresser à des chirurgiens pédiatres expérimentés dans cette chirurgie.
cordialement
Posté le 15 juillet par FATIMA
Bonjour,
Mon fils de deux ans qui est né avec une hypospadias légère (2mm) vient de subir une intervention. Il est resté à l’hôpital durant une semaine et sort à l’instant. On nous a prescrit de l’eosine a appliquer mais on ne sait pas exactement comment faire. Doit-on juste faire couler quelques gouttes autour de la verge ou bien se servir d’un conton tige (Chose difficile car le petit est traumatisé et se laisse plus faire). Il a encore une sonde qu’on doit retirer dans 5 jours.
Peut-on lui faire prendre une douche ? Mettre de l’eau sur son pénis ? le savonner ? On sait pas trop et on nous a pas donné d’explication.
Merci .
Posté le 15 juillet par Administrateur
bonjour,
Vous pouvez appliquer l’éosine soit en tamponnant légèrement avec une compresse imbibée d’éosine soit en la faisant couler goutte à goutte sur la verge en protégeant en bas avec une compresse pour éviter d’ne mettre partout.
En principe il est possible de donner une douche mais pas de bain. Il convient de bien sécher aprés en s’aidant au besoin d’un séche cheveux (utile aussi pour sécher l’éosine).
cordialement
Posté le 27 juillet par Fat
Bonjour,
Mon fils de deux ans a subit une chirurgie pour son hypospadias il y a 3 semaines. Tout allait bien mais aujourd’hui depuis ce matin il gémit lorsqu’il urine. On l’a enmené aux urgences mais aucun urologue n’était de garde et on nous a juste donné un RDV pour dans deux jours.
Il semble avoir vraiment très très mal et urine goutte par goutte. Il a aussi une forte constipation après avoir eu deux jours de dhiarrée.
Est-ce possible qu’il ait attrapé une infection ? Et la contipation a-t-elle un lien ?
Merci.
Posté le 28 juillet par Administrateur
Bonjour,
C’est bien sur trés difficile de vous répondre. Il conviendrait de l’examiner.
Cependant parfois le problème vient de la présence de croutes au niveau de l’orifice génant la miction.
si c’est le cas le traitement le plus efficace est de faire des petits bains de verge dans de la bétadine diluée (moitié eau moitié bétadine) 3-4 fois par jour en laissant tremper 5-10 minutes.
consultez dés que possible
cordialement
Posté le 13 août
Mon fils a 9 mois et a un hypospadias balanique. Y a-t-il des troubles mécaniques, fonctionnels possibles si aucune intervention n’est pratiquée (miction, érection, rapports sexuels, stérilité, éjaculation) ?
Peut-on avoir une vie adulte "normale" avec cette malformation quand elle reste bénigne ?
Posté le 13 août par Administrateur
bonjour,
Dans l’hypospadias il y a 2 aspect : la position de l’orifice et les anomalies cutanées ;
Un orifice en position sur le gland ne pose pas de problème sauf si il est rétreci.
en revanche les anomalies cutanées peuvent entrainer une gène psychologique si elles sont marquées et surout une gène lors des rapports.
Cordialement
Posté le 22 août par Daniel
bonjour.
voici mon témoignage personnel.
j’ai 49 ans et j’ai un hypospadias balanique .
je l’ai appris à l’age de 37 ou 38 ans environ .
ça ne m’a jamais dérangé outre mesure .je ne sais même pas si mes parents étaient au courant puisque j’en ai jamais entendu parler étant gamin .
il faut dire aussi que j’ai grandis dans une région un peu sauvage ou les gens étaient assez fermé .
j’éjacule par l’urètre et j’urine par le conduit balanique .
pour la gène psychologique ,ça ne m’affecte nullement puisque je pensait au départ que j’étais tout à fait normal .
le seul inconvénient si on peut le considérer ainsi c’est qu’il me faut reculer le prépuce pour avoir un jet bien droit quand j’urine et question d’hygiène naturellement .